M. Jean-Claude GabusDirecteur de la FST |
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Il s'agit d'une aide à la communication AAC révolutionnaire, dont la simplicité et la polyvalence font l'objet d'un concensus pratiquement unanime. Evalué depuis 1998, B.A. Bar sera mis sur le marché à la fin de l'année 2000. |
Parmi les nombreux éléments dont la maîtrise est nécessaire à l'usage de la communication en général et verbale en particulier, il faut, en amont du projet B.A.Bar, rappeler au moins les trois conditions suivantes:
"Mettre un mot sur les choses" ou être en mesure d'établir et d'utiliser (corréler) le lien entre un concept et sa correspondance verbale;être simplement en mesure de nommer les choses ...
Chacun de nous a, dans des mesures cependant et heureusement acceptables, l'expérience de la rupture de ce lien.
"J'ai le mot sur le bout de la langue, mais ne le trouve pas..."
En tant que rééducateur du langage auprès de personnes handicapées, il n'est malheureusement pas rare de constater ce même phénomène dans une ampleur telle que l'usage de la langue devient pratiquement impossible.
Pour améliorer la communication des personnes sans langage verbal, il est souvent fait appel à des tableaux de communication. Parmi les possibles freins à leur apprentissage et utilisation, l'aspect polysémique des pictogrammes, photos et autres symboles est l'un des obstacles difficiles à franchir. La polysémie du symbole rend l'apprentissage difficile, une convention sur le sens du pictogramme devant faire intégralement partie de la connaissance nécessaire à une communication de qualité. De même, cette possible interprétation sur le sens entraîne une difficulté à bien se comprendre ou de se comprendre tout simplement.
Il ne s'agit pas là de relations humaines.... mais de perception auditive! Lorsque nous écoutons un enregistrement de notre propre voix, nous sommes surpris par certaines caractéristiques personnelles telles que notamment notre intonation et notre accent!
Ce phénomène peut prendre des proportions très importantes. En effet, il n'est pas rare qu'une personne souffrant d'une forte dysarthrie soit convaincue que les mots qu'elle prononce le soient correctement alors que, en réalité, la déformation est importante. Dans ce cas, corriger sa prononciation est pratiquement impossible.

Pour les personnes ne pouvant pas ou mal s'exprimer verbalement, souffrant par exemple d'aphasie (essentiellement des personnes âgées), d'autisme, de handicap mental ou physique.
Rappeler inlassablement le mot qui correspond à un objet concret (qu'il soit en trois dimensions ou représenté graphiquement) ou à un concept abstrait.
Permettre de faire "parler" un tableau de communication afin de donner le sens et d'enlever l'aspect polysémique du pictogramme ou du symbole.
Donner un feed-back qui permette d'entendre le mieux et le plus juste possible sa propre production verbale et, le cas échéant, de se corriger soi-même!
En développant une aide technique "PARLANTE" dont la force est dans sa simplicité de manipulation, sa souplesse d'utilisation, et dont le prix, relativement aux "machines parlantes" actuellement sur le marché, devrait être généralement plus bas, sans oublier une approche thérapeutique accessible notamment au domicile de l'utilisateur.
Des traits verticaux d'épaisseurs variables permettent de coder optiquement une multitude de produits que l'on trouve par exemple dans les grandes surfaces. B.A.Bar propose un carnet contenant jusqu'à 10'000 étiquettes autocollantes contenant chacune un code-barre; il suffit de les coller sur le tableau de communication, le livre ou l'objet auquel l'on souhaite "donner la parole ", présenter B.A.Bar devant le code qu'il voit pour la première fois et d'enregistrer le contenu vocalement. Ensuite, chaque fois que B.A.Bar "verra ` ce même code, il en prononcera le contenu correspondant enregistré (numériquement). B.A.Bar s'adapte à son environnement, et non le contraire.
B.A.Bar requiert malheureusement la possibilité de le manipuler.
Il n'est dès lors pas accessible pour des personnes présentant un lourd handicap physique. Pour ces personnes, l'usage d'aides techniques plus sophistiquées s'avère nécessaire.
Un code-barre peut être posé sur les objets se trouvant dans notre environnement. Cette opération réalisée, ils deviennent "parlants"; ils rappelleront inlassablement leur nom chaque fois que l'on pose B.A.Bar sur leur code.
Le tableau de communication que l'on montre généralement avec le doigt devient ` parlant", permettant ainsi à la personne handicapée d'apprendre elle même la signification des éléments du tableau et de s'adresser à des interlocuteurs ne connaissant pas le sens du tableau. Les objets dont on a oublié le nom peuvent le rappeler! Une prononciation incorrecte non perçue devient tout à coup claire et permet au sujet de se corriger lui-même!
Lorsque l'on fait l'opération d'enregistrer un mot ou une phrase, B.A.Bar restitue ce qu'il a entendu immédiatement. La référence de ce que l'on doit prononcer peut être sous un code-barre, ce que l'on vient de prononcer est automatiquement reproduit UNE fois, autant de fois si l'on utilise le code spécial "ECHO ".
Depuis le mois d'octobre 1998, trois prototypes de B.A.Bar ont été évalués dans trois institutions pour enfants IMC, une école pour enfants autistes, un cabinet de logopédie, le département de neuro-réhabilitation à l'Hôpital de lIe à Berne ainsi que celui de neuropsychologie du CHUV à Lausanne. Les résultats sont suffisamment encourageants pour envisager, dès mai 2000 et durant une année, une évaluation systématique sur la base d'une centaine de cas suivis par plus de vingt équipes.
La réalisation de B.A.Bar a été rendue possible dans le cadre d'un réseau de partenaires que la FST tient à remercier ici. Si le concept général du projet et son cahier des charges sont une émanation de la FST, l'on doit:
La dernière phase de ce projet, incluant également l'évaluation de la méthode B.A.Bar avec une centaine de cas (entre mai 2000 et mai 2001) , fait l'objet d'une enveloppe financière de Fr. 370'000.--. La FST tient particulièrement à remercier les donateurs qui ont soutenu ce projet au-delà du budget initial, mais en parfaite connaissance de cause.
