Vital DarbellayPrésident du Conseil de Fondation de la FOVAHM |
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L'arrivée des nouvelles technologies dans le monde de l'éducation spécialisée est une question très importante. C'est un domaine très vaste et de nombreux spécialistes vont nous en parler durant la journée, ce n'est donc pas mon propos de le faire. J'aimerais cependant vous livrer l'une ou l'autre réflexions : si nous regardons les 30 ans d'existence de la FOVAHM, nous nous rendons compte que nous pouvons parler pour cette période d'une révolution technologique. Non seulement d'une évolution, mais d'une révolution. Pensons à tout le domaine de l'informatique, aux ordinateurs, au domaine de la communication, au domaine de l'information : Internet par exemple, la téléphonie mobile ; il suffit de se promener pour voir ce que cela donne. Le fax a grandement facilité les communications... Et bien, ce serait vraiment regrettable si le monde du handicap, si les personnes handicapées et les personne qui s'occupent d'elles ne pouvaient pas profiter de ces nouvelles technologies. Je pense que c'est important que ces technologies soient au service de la personne, au service de tout le monde. L'évolution scientifique a marqué ces 30 dernières années.
Je revoyais dernièrement deux lois, celle de 1973 qui était la première loi concernant la personne handicapée et celle de 1991. La différence de titre est significative. La loi de 1973 s'appelait : « loi sur l'intégration professionnelle des handicapés ». La loi de 1991 est intitulée : « loi sur l'intégration de la personne handicapée ». Vous voyez deux modifications qui ont chacune leur importance. Dans la première, l'adjectif "professionnel" est supprimé. Pourquoi ? Et bien parce que nous nous rendons compte que si nous voulons parler d'intégration, il ne suffit pas de s'occuper de la profession, il ne suffit pas de parler du travail. Les personnes handicapées sont des personnes à part entière qui ont droit au respect, qui ont droit à la dignité et qui ont droit à une vie sociale et à des loisirs. Si nous parlons d'intégration de la personne handicapée et ce sont tous les domaines évoqués qui doivent être pris en considération. Ensuite, deuxième modification, non plus des « handicapés », mais des « personnes handicapées », pour bien montrer que ces personnes ont droit à toute leur dignité, ont droit à être prises en considération, ont droit à voir se développer toutes leurs capacités, à se réaliser aussi bien que possible. Ces « erreurs de jeunesse », nous les avons prises en compte dans notre organisation de la FOVAHM. Et il est intéressant de constater l'évolution déjà dans les structures matérielles.
Notre première institution importante a été celle où nous accueillons les congressistes aujourd'hui et nous avons quasi sous le même toit les homes et les ateliers : la personnes handicapée n'avait donc pas à se déplacer pour aller à son travail. Ensuite, deux structures assez différentes ont été construites, celle de Sion et celle de Collombey. Nous nous sommes dit qu'au fond il valait mieux que pour la personnes handicapée, comme pour tout travailleur, il y ait le matin, le soir, le déplacement d'un lieu de vie à un lieu de travail. Ce déplacement est important. Il l'est parce que les personnes sont mises au même niveau que les autres travailleurs d'une certaine manière et plus important encore, ça leur donne l'occasion de rencontrer d'autres personnes qui vont aussi, qui sont aussi sur le chemin du travail, même si elles font peut-être le chemin en sens inverse. De nouvelles relations peuvent ainsi se créer. Ainsi, la troisième modification a consisté à séparer le lieu de travail du lieu de vie.Par la suite, quand nous nous sommes intéressés à doter Sierre de nouvelles structures, nous avons fait un pas de plus puisque les appartements à destination des personnes handicapées sont dans des structures tout à fait normales où les personnes ont l'occasion de rencontrer des gens qui vont, qui viennent, qui vivent dans le même bâtiment qu'elles. Et nous avons eu aussi le souci du contact avec l'extérieur. C'est ainsi que, à Collombey, nous avons établi un café dans notre maison avec une boulangerie et, à Sion, nous avons ouvert un magasin destiné au public. La dernière structure mise en place est celle de Martigny où travaillent une dizaine de personnes handicapées qui sont externes, qui viennent de la région et qui travaillent pour préparer les choses qu'elles vont vendre. Elles travaillent avec des plantes, avec des arômes, avec d'autres produits encore : des confitures, du miel qu'elles peuvent vendre directement. Elles ont, aussi bien à Sion qu'à Martigny, pignon sur rue et je pense que c'est important de donner à la personne handicapée cette possibilité de contact, cette possibilité de rencontre. Si je parle des structures, c'est qu'il faut bien reconnaître une « certaine importance » ou une « importance certaine », mais vous le savez bien, vous tous qui êtes engagés dans ce domaine, que les structures ne sont rien sans ceux et celles qui s'en occupent. J'aimerais rendre hommage à ceux qui ont travaillé à cette évolution, à tous ceux qui ont travaillé au service des personnes handicapées mentales. Et si je m'adresse ici essentiellement à l'ensemble des éducateurs, des personnes engagées, je me dois en ce jour de 30ème anniversaire d'ajouter un mot pour notre directeur qui est sur le départ puisque il termine ses fonctions a la fin de ce mois. Pierre-Louis Zuber : je crois que nous pouvons dire qu'il a été un novateur, un novateur dans le bon sens du terme , il a su utiliser toutes les technologies modernes, il a su se mettre au diapason, en gardant toujours les pieds sur terre. Je le remercie donc, ainsi que tous ses collaborateurs et je vous remercie, vous, de participer à ce congrès. J'adresse enfin un merci tout particulier à ceux qui ont eu le souci de l'organiser et je vous souhaite à toutes et à tous une excellente journée.