Le chiffre résume l’enthousiasme généré par le projet. Depuis son lancement début 2024, exactement 100 personnes accompagnées par la Fovahm ont participé à l’émission La parole est à NOUS !, réalisée en collaboration avec la télévision locale Canal9. Plusieurs d’entre elles vivent, depuis le début, cette aventure qui consiste à interviewer des personnalités, sans tabou, d’autres l’ont rejoint en cours de route, alors que quelques-unes ont tenté l’expérience à une seule reprise. D’aucuns sont très bavards, alors que certains se contentent d’observer depuis leur place dans le public. Chacun vit ainsi l’expérience comme il le souhaite, à son rythme. Mais tous y trouvent le même plaisir.
« Cette émission permet de montrer que l’on existe et de nous faire connaître », se réjouit Raoul Werlen. Travaillant au sein des ateliers intégrés Morand-Rostal, à Martigny, il a participé à quatre enregistrements, rejoignant le projet fin 2024 pour préparer l’interview de la journaliste Manuella Maury. « Nous avons beaucoup de chance de pouvoir passer à la télé. C’est quelque chose d’exceptionnel. Ça m’apporte beaucoup de joie, de soleil et d’amour dans mon cœur! »


Cet enthousiasme est partagé par tous les travailleurs, à l’image d’Istvan Langmard, de l’atelier Menuiserie à Saxon. « Je suis heureux quand je fais ces émissions », avoue-t-il. Istvan a découvert La parole est à NOUS ! grâce à l’un des maîtres socioprofessionnels de son atelier. « Je n’étais pas au courant du lancement de ce projet, c’est pour cela que je n’ai pas commencé tout de suite. Mais dès que David (Bressoud, ndlr.) m’a montré la vidéo d’une émission, cela m’a intéressé immédiatement. Et je me suis lancé à fond dans cette aventure. » Il a ainsi pu poser ses questions lors de deux des dix émissions réalisées jusqu’ici : celle avec la rappeuse KT Gorique et celle avec l’humoriste Yann Lambiel.
Une équipe qui pourrait être plus nombreuse
L’équipe de journalistes en herbes de la Fovahm compte une soixantaine de membres. Bien que l’enthousiasme généré par le projet permettrait d’accueillir plus de travailleurs, il est impossible de faire évoluer ce chiffre à la hausse, pour des raisons pratiques lors des enregistrements : places limitées sur le plateau, durée d’enregistrement qui n’est pas extensible à souhait, etc. Ainsi, les personnes souhaitant intégrer l’équipe doivent attendre qu’une place se libère.
Flore Melly fait partie des journalistes qui ont décidé d’arrêter l’aventure. Elle s’est contentée d’une seule émission ; la première, avec le Conseiller d’Etat Mathias Reynard. « J’ai pu vivre ce que j’avais envie de vivre et découvrir ce que je souhaitais découvrir, résume-t-elle. C’était une chouette expérience de passer à la télé. » Et d’avouer, dans un rire, avoir participé à ce projet pour « faire un peu la star ». Et cela a marché ! « Plusieurs personnes m’ont reconnue durant les jours qui ont suivi la diffusion de l’émission. Parfois même dans le cadre de mon emploi », glisse celle qui travaille au secrétariat d’une entreprise d’électricité dans le Val de Bagnes.


Œuvrant au sein de l’atelier cuisine, à Collombey, Sofia Gil aussi « aime passer à la télé ». Lors des quatre émissions auxquelles elle a participé, elle n’a toutefois pas souhaité poser de questions aux invités. « Je me gêne de parler au micro… Et je n’aime pas trop ma voix », glisse-t-elle, en guise d’explication. Mais pas de quoi diminuer son enthousiasme. « Je suis heureuse de participer à ces émissions, cela m’apporte de la joie! »
Bénéfique dans la vie de tous les jours
Présent depuis le début au sein de l’équipe, Simon Chabbey assure que ce projet ne lui apporte « que du positif ». « C’est une expérience enrichissante d’avoir face à nous un invité que l’on ne connaît pas forcément et de pouvoir lui poser toutes les questions que l’on veut », souligne-t-il, en rappelant « qu’il n’y a pas de mauvaise question ». Au fur et à mesure des émissions, son stress a diminué. « Même si ça peut être difficile, il faut oser surmonter ses peurs, car d’une fois qu’on a pris l’habitude des caméras, du plateau, etc., cela se passe très bien », sourit celui qui travaille à l’atelier Impression-gravure, à Sion.
Mais cette aventure ne se résume pas aux émissions pour Simon. Elle l’aide dans la vie de tous les jours, indique-t-il. « Grâce au travail réalisé dans ce cadre, j’ai pris plus d’assurance. Je prends plus facilement la parole en public et j’ose dire les choses que j’avais de la peine à exprimer par le passé. » Simon relève également que La parole est à NOUS ! lui offre la possibilité de changer de rythme. Un élément également soulevé par Raoul Werlen qui indique que les journées de préparation et d’enregistrement cassent quelque peu sa « routine » habituelle. « Et ça me fait du bien! », assure-t-il.
Tous les travailleurs qui font toujours partie de l’aventure espèrent donc la poursuivre. Istvan Langmard résume l’état d’esprit général, en une interrogation : « Sincèrement, pourquoi arrêter? »


Par Grégoire Baur, Fovahm
Pour des raisons de lisibilité, le masculin générique est utilisé dans cet article, qui inclut toutes les personnes.